diagnostic
Les patients souffrant de céphalées en grappe peuvent généralement décrire très précisément le début de leurs crises. Cependant, il peut parfois être difficile d'en évaluer la durée. En cas de deux, trois ou quatre crises, les patients sont souvent incertains : s'agit-il d'une seule crise durant huit heures avec des interruptions, ou d'une série de crises ? Dans ce cas, tenir un journal des céphalées peut fournir des informations plus précises. Tant qu'ils n'ont pas consulté de médecin, les patients ont généralement pris divers analgésiques. Comme une crise de céphalée en grappe se résorbe généralement au bout d'une heure, les patients attribuent souvent ce soulagement aux médicaments. Ce n'est qu'en raison de la longue durée des crises et des symptômes neurologiques associés qu'ils consultent un médecin. Pour établir un diagnostic, il est essentiel de déterminer précisément les caractéristiques de la crise. Celles-ci comprennent, en premier lieu, la durée, le caractère unilatéral de la céphalée, l'intensité de la crise, les symptômes associés typiques, la localisation de la douleur dans la région oculaire, ainsi que le comportement du patient pendant la crise.
Comme les patients ne perçoivent souvent pas eux-mêmes les troubles neurologiques associés, il est recommandé de leur demander de se regarder dans le miroir pendant la crise.
Une méthode particulièrement simple et précise pour documenter les caractéristiques des maux de tête et les présenter au médecin traitant consiste à demander à un proche de filmer la crise ou de la photographier. Il est essentiel de noter tout changement au niveau de l'œil atteint.
Un examen neurologique et général complet est nécessaire pour établir le diagnostic. Les examens complémentaires, tels que la tomodensitométrie (TDM) ou l'imagerie par résonance magnétique (IRM), ne fournissent actuellement pas d'informations diagnostiques spécifiques. Cependant, il existe des situations où le caractère primaire de la céphalée est incertain. Ce doute survient notamment en présence des conditions suivantes :
- Première apparition de céphalée en grappe chez un patient très jeune (moins de 20 ans) ou chez des patients de plus de 60 ans.
- Un examen neurologique approfondi, complété par des examens d'imagerie, est particulièrement nécessaire si la céphalée s'aggrave progressivement ou si des troubles concomitants inhabituels surviennent, notamment des problèmes de concentration, des problèmes de mémoire, des nausées, des vomissements, des troubles de la conscience, des crises d'épilepsie, etc.
Compte tenu des critères susmentionnés, les examens d'imagerie de première intention prescrits sont l'imagerie par résonance magnétique (IRM) cérébrale et la tomodensitométrie (TDM) de la base du crâne. Une attention particulière doit être portée à la recherche d'une éventuelle tumeur hypophysaire ou d'une masse dans la région de la base du crâne (par exemple, une métastase). Les lésions des sinus nasaux et paranasaux doivent également être évaluées.
Cours
Il est impossible de définir une évolution caractéristique des céphalées en grappe chez un patient donné. Les études épidémiologiques à long terme font défaut. On n'observe quasiment jamais de crises de céphalées en grappe après 75 ans. Des transitions entre céphalées en grappe épisodiques et chroniques, et inversement, sont possibles. L'influence d'un traitement prophylactique sur l'évolution spontanée reste inconnue.
80 % des patients souffrant de céphalées en grappe épisodiques primaires en souffrent encore 10 ans plus tard, tandis que 12 % développent une céphalée en grappe chronique après une phase épisodique primaire.
Chez plus de la moitié des personnes atteintes de céphalée en grappe chronique primaire, cette forme chronique persiste même après 10 ans sans aucune période de rémission prolongée. Ce n'est que chez environ 10 % d'entre elles qu'une phase de rémission de plus de trois ans peut être envisagée.