Prescriptions de cannabis : un défi pour les médecins et les pharmaciens
Une transformation véritablement passionnante s'est opérée : le cannabis, auparavant connu en Allemagne uniquement pour ses méfaits, est désormais disponible légalement pour les patients depuis début mars dans les pharmacies publiques, avec une qualité constante et pour des indications médicales spécifiques sur prescription. Une drogue illégale est devenue un médicament légal ! Ce changement soulève de nombreuses questions pour les médecins et les pharmaciens quant à sa gestion.
Dans ce contexte, les mécanismes d'action décrits et les preuves concrètes de l'efficacité du cannabis et de ses constituants présentent un intérêt particulier. Le cannabis peut être utilisé et consommé sous de nombreuses formes : par inhalation, sous forme de produits médicinaux finis (y compris des extraits), ou encore sous forme de constituants isolés, déterminant leur efficacité. Lorsque le cannabis (fleurs) est manipulé comme médicament en pharmacie, tous les aspects liés à la délivrance sur ordonnance doivent être pris en compte et la réglementation respectée. Les expériences en matière de prescription et de délivrance de cannabis, qui seront disponibles au moment de l'événement, seront également présentées.
L'objectif de cet événement est d'assurer la sécurité et de fournir une base solide pour la gestion de la situation dans les cabinets médicaux et pharmaceutiques.
Contenu:
- ingrédients déterminant l'efficacité et mécanismes d'action
- Caractérisation des différentes souches de cannabis
- Le rôle du cannabis dans diverses indications
- Base de données probantes des formulaires de demande existants
- Aide à la prescription pour les médecins
- Aspects de la législation sur les stupéfiants : quantités maximales prescrites, durée de validité de l’ordonnance, etc.
- Risques d’abus, effets secondaires et interactions, contre-indications
- Caractéristiques particulières de la recette
- Agrément de l'assurance maladie, prise en charge des frais par l'assurance maladie obligatoire
- Premières expériences en matière de prescription et de manipulation du cannabis
Dr Christian Ude , pharmacien, Darmstadt ;
Prof. Dr méd. Dipl.-Psych. Hartmut Göbel, spécialiste en neurologie, thérapeute de la douleur, Kiel
Le cannabis possède des propriétés anti-inflammatoires, antiémétiques, myorelaxantes, sédatives, stimulantes de l'appétit, analgésiques et antidépressives. Depuis mars 2017, son utilisation est officiellement autorisée en Allemagne pour le traitement de maladies graves sans indication spécifique ; les frais peuvent être remboursés par l'assurance maladie après accord individuel.
Auparavant, le principe actif était le THC (delta-9-tétrahydrocannabinol), utilisé en Allemagne. Le CBD (cannabidiol) est également disponible. La nouvelle réglementation autorise désormais la prescription des fleurs de cannabis.
Les deux principaux ingrédients actifs ont des mécanismes d'action différents :
- THC : Analgésique, relaxant musculaire, antiémétique, stimulant de l’appétit, psychoactif (amélioration de l’humeur, euphorie, loquacité, perception altérée, etc.), panique, anxiété, dysphorie, psychoses, troubles de la mémoire et de la concentration, tachycardie, tremblements, ataxie.
- CBD : Anti-inflammatoire, myorelaxant, antiémétique, anticonvulsivant, antipsychotique, anxiolytique, neuroprotecteur.
Le CBD atténue les effets psychoactifs du THC ; par conséquent, le cannabis médical doit contenir du THC et du CBD dans des proportions équilibrées. Le spray Sativex, prêt à l’emploi, contient 50 % de THC et 50 % de CBD. Lors de l’utilisation de fleurs de cannabis, il convient de veiller à ce que les proportions des deux principes actifs soient équilibrées.
Les contre-indications comprennent : les psychoses, les troubles affectifs, les troubles anxieux, l’enfance et l’adolescence (en raison du risque de lésions cognitives irréversibles), la grossesse, les arythmies cardiaques et l’hypertension.
Les personnes assurées atteintes de maladies graves ont droit à un traitement au cannabis si aucune autre thérapie n'est disponible, si les traitements existants sont inefficaces ou insuffisants, et s'il existe une perspective d'amélioration grâce à cette thérapie. La prescription initiale doit être approuvée par la compagnie d'assurance maladie. Cette approbation requiert une demande motivée du médecin. Elle ne peut être refusée que dans des cas exceptionnels et dûment justifiés.
Le médecin est tenu de recueillir des données pour une étude de suivi. Ces données sont recueillies dans le cadre d'une étude de surveillance post-commercialisation.
Les prescriptions peuvent inclure des médicaments finis comme le Sativex, le Canemes ou le Marinol, ainsi que le dronabinol (THC), des extraits huileux de cannabis et des fleurs de cannabis. Ces dernières peuvent être broyées et vaporisées avant inhalation.
Des données scientifiques plus complètes ne sont actuellement disponibles que pour le traitement concomitant de la spasticité, des nausées et des vomissements lors de l'administration de médicaments cytostatiques et de douleurs chroniques.
L'efficacité potentielle est discutée pour la perte d'appétit et la perte de poids chez les personnes atteintes du VIH, de schizophrénie, de la maladie de Parkinson, du syndrome de Tourette, d'épilepsie et de maladies inflammatoires chroniques de l'intestin.
Les organismes d'assurance maladie obligatoires peuvent rembourser les frais de traitement sur présentation d'une demande justifiée du médecin traitant. La décision d'administrer ou non un traitement au cannabis à un patient relève du médecin traitant ou prescripteur. Toutefois, le remboursement doit être approuvé par l'organisme d'assurance maladie. La nécessité du traitement doit être établie, les contre-indications écartées et la minimisation des effets psychoactifs grâce à une association ciblée de principes actifs assurée.
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